Pour les parents

Votre enfant n'est pas un bulletin.

Quand un enfant décroche, les parents oscillent entre colère, culpabilité et peur. Voici ce qui aide vraiment, et les solutions concrètes qui existent en France.

L'essentiel

Si votre enfant décroche, cherchez d'abord la cause (format scolaire, trouble dys ou d'attention, harcèlement, mal-être) avec le psy-EN ou le médecin scolaire, puis explorez avec lui les voies concrètes : réorientation en voie professionnelle, apprentissage dès 15 ans après la 3e, E2C ou service civique dès 16 ans.

Six réflexes qui changent tout

  • Changez la question

    Remplacez « pourquoi tu as eu 5 ? » par « qu'est-ce qui te donne envie de te lever ? ». Le problème n'est pas toujours le travail : c'est souvent le format.

  • Faites-le tester

    Stages d'observation, portes ouvertes de CFA, journée chez un artisan. L'envie vient souvent en voyant un métier en vrai, rarement en lisant une brochure.

  • Vérifiez les troubles dys et l'attention

    Des difficultés persistantes peuvent cacher une dyslexie, une dyscalculie, une dyspraxie ou un trouble de l'attention (TDAH). Parlez-en au médecin scolaire ou à votre médecin : un bilan peut ouvrir des aménagements et tout changer.

  • Ne confondez pas voie pro et échec

    L'apprentissage mène au CAP, mais aussi au BTS, à la licence et au diplôme d'ingénieur. Beaucoup d'artisans gagnent mieux leur vie que des diplômés du supérieur.

  • Surveillez le moral, pas seulement les notes

    Repli, troubles du sommeil, refus d'aller en cours : le décrochage est parfois le signe d'un mal-être, de harcèlement ou d'anxiété. Fil Santé Jeunes (0 800 235 236) répond aussi aux parents.

  • Entourez-vous

    Le psy-EN de l'établissement, le CIO, l'ONISEP et la Mission locale (dès 16 ans) sont gratuits. Vous n'avez pas à tout porter seuls.

Ce que dit la loi

L'instruction est obligatoire de 3 à 16 ans. Depuis la rentrée 2020, s'y ajoute une obligation de formation jusqu'à 18 ans. Un jeune de 16 ou 17 ans peut donc quitter le lycée, mais il doit suivre une formation, un apprentissage, un service civique ou un accompagnement vers l'insertion. Les Missions locales veillent au respect de cette obligation et contactent les jeunes sortis sans solution. Tout savoir sur ce point.

En apprentissage, un mineur est salarié : il signe un contrat avec l'accord de ses parents et touche au minimum 504,10 € brut par mois en 1re année (2026). Des règles le protègent (durée du travail, travail de nuit encadré).

Les solutions, en un coup d'œil

Voir le tableau comparatif

Dès 15 ans après la 3e

L'apprentissage (CAP, bac pro)

Tu travailles dans une entreprise, tu vas en cours dans un centre de formation (CFA), et tu es payé chaque mois.

Dès 15 ans après la 3e

Les Compagnons du Devoir

Tailleur de pierre, charpentier, pâtissier, chaudronnier, maroquinier… Les Compagnons forment aux métiers de la main à un niveau d'excellence, en apprentissage, avec un réseau de maisons dans toute la France.

16 à 25 ans

Les écoles de la 2e chance (E2C)

Tu as quitté l'école sans diplôme, ou avec un diplôme qui ne t'ouvre aucune porte ? Les E2C te remettent à niveau, te font faire des stages et t'aident à construire un projet, à ton rythme.

17 à 25 ans

L'EPIDE : un cadre pour rebondir

Tu as besoin de couper avec ton quotidien et d'un cadre solide ? L'EPIDE t'accueille en internat pendant plusieurs mois : logé, nourri, payé, avec un vrai programme pour trouver un emploi.

16 à 25 ans

Le service civique

Six mois à un an pour faire quelque chose d'utile, tester un milieu et remplir ton CV, sans condition de diplôme.

Dès 17 ans et demi

L'armée : s'engager sans diplôme

L'armée de Terre, la Marine et l'armée de l'Air et de l'Espace recrutent chaque année des milliers de jeunes sans diplôme.

Questions de parents

Mon enfant veut arrêter le lycée, que faire ?

Ne répondez pas par oui ou non tout de suite. Cherchez ensemble ce qui ne va pas (matières, ambiance, harcèlement, fatigue, trouble non diagnostiqué), puis explorez les alternatives : réorientation en voie pro, apprentissage, E2C. La formation reste obligatoire jusqu'à 18 ans, mais pas forcément au lycée général.

L'apprentissage est-il une bonne option pour un élève en difficulté ?

Pour beaucoup d'élèves qui apprennent mieux par la pratique, oui : le cadre est concret, le salaire motive, et le diplôme est le même qu'en lycée professionnel. Il faut en revanche trouver une entreprise, ce qui demande de l'accompagnement.

Qui contacter pour un bilan d'orientation gratuit ?

Le psychologue de l'Éducation nationale (psy-EN) de l'établissement ou du CIO, et la Mission locale si votre enfant a 16 ans ou plus et n'est plus scolarisé.

Sources

Vérifié le 28 septembre 2026. Les montants changent chaque année : en cas de doute, le site officiel fait foi.